samedi 31 janvier 2015

Pascal Bérubé ou les idées fantômes

«Le congé Pascal», chronique no 3


«Pascal Bérubé prépare un texte avec de nouvelles idées pour relancer le Parti québécois.»
Un an plus tard: toujours RIEN!
Les fameuses idées de mon député relèvent-elles au fond d'une mythomanie à la François Bugingo?
Photo: La Pravda.ca
Avant la députée «fantôme» Sana Hassainia (cliquez ici), on eut droit au texte fantôme. La journaliste Brigitte Dubé rapportait dans La Voix de la Matanie du mercredi 16 juillet 2014 à la page 3 que «le député [Pascal Bérubé] prépare un texte avec de nouvelles idées pour relancer le Parti québécois, fragilisé depuis les dernières élections». L'hebdomadaire matanais eut le temps de disparaître avant que la belle promesse ne se concrétise.

Celles et ceux à la barre du navire amiral de la souveraineté doivent oeuvrer à sa refondation. Pascal Bérubé annonçait avoir des «idées nouvelles» il y a un an. Quelles sont-elles? Si elles n'existent pas, c'est de la comédie. Point barre!

Si vous le voulez bien, revenons à l'été 2011, c'est-à-dire à la suite de la défection de cinq députés péquistes. Nos quotidiens nationaux annonçaient déjà:

«La thérapie de groupe au sein du Parti québécois est loin d'être terminée. C'est au tour du député de Matane, Pascal Bérubé, d'y aller de sa contribution en vue d'éviter l'implosion du parti souverainiste. [...] Il ajoutera donc ses propres idées à celles qui lui seront soumises. (Le Devoir, 30 juillet, cliquez ici

«''C'est un exercice sans précédent, ambitieux'', dit [Bérubé] enthousiaste. (La Presse.ca, 29 juillet)»

«Il envisage un point de presse dès le 19 septembre [2011] pour révéler les trouvailles de sa propre consultation ''sans tabou'' sur l'ensemble de la classe politique. (Le Soleil, 30 juillet)»

«Sur Twitter, le député Yves-François Blanchet a écrit au sujet de l'initiative de son collègue Pascal Bérubé: ''C'est une nouvelle, ça? Moi, je le savais. Il y en a 45 autres comme ça [le caucus péquiste avait alors 46 députés]... (La Presse.ca, 29 juillet)»

«L'intérêt des médias pour les observations de chacun risque toutefois de décroître assez rapidement après le partage des premières constatations. Surtout si elles sont répétitives. (Le Soleil, 30 juillet)»

«Le député de Matane n'a pa[r] ailleurs aucune intention de quitter le PQ ou de critiquer sa chef, Pauline Marois. (Ibid.)»

Ma question: Combien de temps encore les souverainistes vont continuer à tourner en rond avec ce jeune-vieux politicien carriériste? Veuillez remarquer que cet opportuniste eut tôt fait de se placer dans l'ombre de Pierre Karl Péladeau. Pascal Bérubé incarne à souhait «l'ère du vide», la société du spectacle. Je vous invite, une fois pour toutes, à y prendre garde!

Chronique parue sur le site Internet du journal L'Avantage de Rimouski le 13 mars 2015.

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Le troublant aveu d'un proche

Un «ami» de Pascal Bérubé, Claude Villeneuve, écrit le 3 mai 2016 sur son blogue du Journal de Montréal: «[Après dix ans passés sur les banquettes de l'Assemblée nationale,] on peine par contre un peu à imaginer là où il se situerait sur le plan des idées. A-t-il de la profondeur?»


Claude Villeneuve s'interroge encore sur la «profondeur» de son ami politicien, Pascal Bérubé.

jeudi 1 janvier 2015

Comment Jean-François Fortin, chef autoproclamé de Forces et Démocratie, s'est monté un beau grand bateau en période d'austérité

Majesté, le peuple n'a plus de pain!
Qu'il mange de la brioche!

MARIE-ANTOINETTE, CITATION APOCRYPHE

L'exemple espagnol

Trente-neuf ans après avoir accédé au trône, le roi d'Espagne, Juan Carlos, 76 ans, a annoncé, le 2 juin dernier, sa décision d'abdiquer de la couronne. Artisan de la transition démocratique après la dictature franquiste, la fin de son règne aura cependant été marquée par une chute de popularité en raison de la multiplication d'affaires touchant la famille royale (Le Monde.fr avec AFP et Reuters, 2 juin 2014).

À l'abri jusque-là des regards indiscrets de la presse, Juan Carlos s'est fracturé en avril 2012 la hanche droite lors d'une partie de chasse à l'éléphant au Botswana, autorisée à condition de payer autour de 30 000 euros. Une photographie de Juan Carlos posant en 2006, fusil à la main, devant un éléphant mort a été publiée en une de plusieurs quotidiens espagnols (Le Monde.fr avec AFP, 16 avril 2012).

Alors que l'Espagne connaît un taux de chômage record (26%, plus de 50% chez les jeunes), que la sécurité sociale fait défaut et que le gouvernement vient de présenter un budget d'une rigueur sans précédent, «le cliché a de quoi ternir l'image d'un roi apprécié des Espagnols pour avoir aidé à établir la transition démocratique, mais aussi pour ses manières simples (Ibid.)». Le safari du monarque offre «une image d'indifférence et de frivolité [qu'un] chef d'État ne devrait jamais donner (El Mundo, cité par Ibid.)». On connaît la suite.

La photo du roi Juan Carlos chassant en 2006,
publiée par les sites des quotidiens El Pais et El Mundo.


Double discours d'un Juan Carlos canadien

Le gouvernement de Stephen Harper a modifié récemment le régime d'assurance-emploi, notamment la définition de ce qui constitue un «emploi convenable» et une «recherche d'emploi raisonnable». Jean-François Fortin dispute le suffrage des électeurs-chômeurs à l'Opposition officielle (NPD). Le député à Ottawa se rend aux manifestations le poing levé. La communauté de Sainte-Anne-des-Monts put s'enorgueillir d'avoir en son église cet homme du peuple!

Jean-François Fortin en spectacle (Photo: Dominique Fortier, Le Riverain, 26 janvier 2013)

Monsieur Fortin aspira un temps à diriger le Bloc québécois, mais échoua à deux occasions: officiellement en 2011 et officieusement en 2014. Celui qui prône la participation citoyenne n'arriva pas à digérer le verdict des membres. C'est sur ce déni de démocratie qu'il entreprit de diviser ses compatriotes. Il allait rapidement s'autoproclamer chef de... Forces et Démocratie!

Jean-François Fortin espérait surtout «forcer» sa présence aux débats télévisés des chefs en octobre prochain. Il travaille pour sa visibilité. Si Fortin courtise encore les souverainistes comme il pompa naguère l'argent du Bloc - 82 536,78$ en un mois pour se faire élire député en mai 2011 (Source: Élections Canada) - l'indépendance ne fut jamais pour lui une vraie affaire (L'Information, 20 août 2014, p. 6). Voyons, au-delà de ses slogans, comment il nous «mène en bateau».

Savez-vous que le journaliste Dominique Fortier de l'hebdomadaire Le Riverain a publié sur son site Internet le 9 septembre 2013 «Une autre facette de Jean-François Fortin»? Pour souligner son quarantième anniversaire, l'ex-bloquiste et nouveau leader charismatique d'une «patente à gosses» nommée Forces et Démocratie fit étalage... de son voilier de plaisance! Dans une des régions les plus affectées par la réforme de l'assurance-emploi, la Haute-Gaspésie, où le revenu d'emploi médian des travailleurs de 25 à 64 ans s'établit à 29 680$ (ISQ, 2012), il nous raconte en moult détails comment une partie de son salaire de 160 000$ servit à acheter, puis à modifier son joujou flottant. Est-il étonnant d'apprendre maintenant qu'il est l'un de ceux au Bloc qui s'opposèrent le plus farouchement à l'obligation de verser 50 000$ par année à l'émancipation nationale (L'actualité, 16 juin 2014)? Après sa démission, de son propre aveu, il fut «approché par tous les partis [fédéralistes]», conservateurs inclus (L'Information, 20 août 2014, p. 6). Prenez garde, Harper aurait sollicité notre politicien à voile et à vapeur!

Le souverainiste d'opérette fut, en outre, le distributeur local des médailles du jubilé de diamant de la reine Elizabeth II (L'Avantage, 24 juillet 2013, p. 36). «Indépendance, si tu m'as vu dans les bras de monarchie, c'est parce que j'ai trop d'amour. Ouvre ton esprit. Butine à ton tour. Tu verras comme le monde est mielleux!»

«Le chômage des jeunes m'empêche de dormir», disait encore Juan Carlos [...] «Cette affirmation n'est pas compatible avec la chasse à l'éléphant», rétorque le journal El Mundo dans un long éditorial (Le Figaro, 16 avril 2012).

Derniers remparts de la démocratie?

Juan Carlos 1er de Bourbon avec son fusil et son éléphant comme Jean-François Fortin de Sainte-Flavie avec son beau grand bateau font désordre en période d'austérité. Les psychanalystes ont dans ces turpitudes matière à disserter. Symboles phalliques par excellence...

Nous n'avons pas voté pour ça.

Photo: Site Internet du journal Le Riverain, 9 septembre 2013
et La Voix gaspésienne, 18 septembre 2013, p. 7.
L'essentiel de ce portrait de moeurs fut publié sur le site Internet du journal L'Information de Mont-Joli  le 5 janvier 2015.