mardi 22 décembre 2015

Un pays au siècle des nationalités

Nous sommes un témoignage.

MARIA CHAPDELAINE, LOUIS HÉMON


Nous pourrions emprunter à sir Wilfrid Laurier sa fleur de rhétorique (1) et avancer à rebours que si notre siècle semble celui de la «trudeauisation des esprits(2)», le XIXe fut sans conteste celui des nationalités. Parce que le rationalisme et l'universalisme des Lumières s'avèrent trop abstraits, les cultures nationales furent alors les moyens particuliers par lesquels la civilisation s'est historiquement réalisée(3). Une nation substantielle assoit sa cohésion sur une mémoire commune et une volonté de vivre ensemble, professait Ernest Renan en Sorbonne (4). Elle est souvent le seul bien du pauvre. «La chaleur est en bas», notait Jules Michelet (5). Les élites du Québec de la «survivance», François-Xavier Garneau en tête, en étaient elles aussi convaincues. En réponse au libéralisme britannique triomphant du Rapport Durham, les successeurs des Patriotes écrasés en 1837-1838 exhortèrent les leurs à ne pas déserter. Il fallait durer, s'emparer du sol et on évoqua même une reconquête. Comment ces chefs insufflèrent-ils un goût de l'enracinement à une masse en voie de prolétarisation attirée par la Nouvelle-Angleterre? Deux récits de Saint-Donat-de-Rimouski écrits par des intelligences de premier plan, Joseph-Charles Taché et Arthur Buies, reflètent l'affirmation nationale sous le régime de l'Union et au début de la Confédération. Les auteurs s'ingénièrent à raccrocher le Canadien français au seul endroit où il peut être chez lui.

Le Mont Comi entra dans la légende avec Joseph-Charles Taché

J.-C. Taché
Photo: Wikimedia Commons, Domaine public


«[L]a première personnalité bas-laurentienne d'envergure nationale(6)» naquit à Kamouraska au sein d'une famille de notables. Le jeune Joseph-Charles Taché (1820-1894) s'installa plus tard à Rimouski pour y pratiquer la médecine. En ce lieu excentrique et difficile d'accès, «où huit ou neuf signataires de pétitions sur dix se content[aient] d'apposer une croix(7)», «le plus universellement érudit des Canadiens(8)» se trouva en situation d'autorité. Il gagna l'opinion et se fit élire député à l'Assemblée législative du Canada-Uni dès 1847. Son étoile pâlit quand, portant haut l'orgueil de sa race, il signifia son opposition farouche à l'abolition de la tenure seigneuriale. Afin de s'épargner l'humiliation d'une défaite électorale à peu près certaine, Taché se retira à l'hiver 1856-1857. Le touche-à-tout tâta bien du journalisme, mais «son patriotisme l'orient[a] [...] vers l'édification d'une littérature nationale(9)».

L'homme suivit la piste des gens qui eurent tôt fait de le fasciner. Le médecin visita plusieurs fois les chantiers forestiers à l'arrière de Rimouski et les défricheurs établis en un chapelet de petites agglomérations sur les côtes de l'estuaire du Saint-Laurent. Il alla également à la rencontre des Amérindiens qui, à cette époque, venaient encore camper à l'embouchure des principales rivières de la région. «[Ce] précurseur [...] [coucha sur papier] des jalons qu'il ne faut pas négliger [...] Attentif à la transmission orale, il a su cueillir une série de contes et légendes témoignant de la perception qu'entretenaient ses contemporains de la vie de leurs ancêtres.(10)» Récits combien épiques pour nous! Il en tira le plus considérable et le plus connu de ses ouvrages: Forestiers et Voyageurs. Publiée en 1863 dans Les Soirées canadiennes, périodique qu'il avait lui-même fondé à Québec deux ans auparavant, «l'étude de moeurs» sera lue par des générations de Bas-Laurentiens.

Illustration de la couverture: Cornelius Krieghoff, Tête d'habitant,
Musée McCord, M967.100.11.
Source: Les Éditions du Boréal

Dans le chapitre intitulé «Le feu de la baie», Taché rompt subitement la fiction et entraîne son héros, le Père Michel, dans l'une de ses nombreuses digressions où, s'érigeant en témoin oculaire, il livrait son savoir:
C'est une singulière créature que la baleine. Il y a pourtant eu un temps où ces masses vivantes se promenaient dans l'endroit même où nous sommes, un temps où presque tout le pays était sous l'eau et faisait partie de la mer; car j'ai vu des os de baleine sur le Mont-commis [sic], en arrière de Sainte-Luce. C'est un crâne de baleine qui est là; il est situé dans une petite coulée sur le flanc de la montagne, à environ mille pieds au-dessus du fleuve. Je l'ai vu de mes yeux, et je ne suis pas le seul qui l'ait vu et touché; et puis tout le long de la côte, dans les champs, vous pouvez déterrer des charges de navires d'os de baleines(11).

Originaire de la municipalité voisine de Saint-Gabriel, l'arpenteur-géomètre Marcel LeBlanc (1923-2002) fit des recherches sur le Mont Comi, aussi appelé Mont Camille, et leva le voile sur cette histoire pittoresque:
[Le légendaire Alexandre, dit Piton, Lavoie (1819-1894)] aurait, au début des années 1840, déposé des quartiers de viande de baleine sur le Mont Camille pour nourrir ses chiens ou attirer les bêtes qu'il désirait piéger. Il faut dire qu'[il] occupait comme trappeur une bonne partie des hauteurs à l'arrière de la montagne et [...] il jouait constamment d'astuce pour protéger son territoire. Le jour où il amena son patron [l'arpenteur Augustus-Télesphore] Bradley sur le «dôme» de la montagne pour lui montrer des «coquillages», des squelettes de poissons et surtout des ossements de baleine, l'arpenteur fut émerveillé de ces preuves irréfutables du déluge dont il est question dans la Sainte Bible. La nouvelle de cette découverte extraordinaire s'étant répandue dans le village de Rimouski, le député du comté, le Dr Joseph Charles Taché, monta lui-même avec Bradley pour se faire indiquer les précieux vestiges(12).

«La recherche des origines de l'humanité va rester pendant longtemps le but de toute recherche dans les sciences humaines.(13)» L'important pour nous n'est point que Taché eut tort de remonter au déluge. Son oeuvre, mettant en valeur un patrimoine immatériel, contribua à dessiner les contours «d'une mémoire à l'image de la collectivité(14)».


Arthur Buies à Saint-Donat, le génie d'une littérature de colonisation

Arthur Buies
Photo: Wikimedia Commons, Domaine public

L'idéologie du mouvement de colonisation, entreprise à laquelle un franc-tireur consacra bientôt ses talents, représentait l'une des manifestations les plus visibles de la pensée nationaliste. Avant de devenir le nom d'un boulevard du quartier Saint-Pie-X à Rimouski, Arthur Buies (1840-1901), métis de père écossais et de mère canadienne-française, exerça le journalisme. Radical, pamphlétaire, férocement anticlérical, l'écrivain contestataire dut sa subsistance à l'amitié du curé Labelle qui le fit nommer... fonctionnaire! C'est ainsi que ce singulier personnage exposa le 15 septembre 1890 dans un rapport détaillé au Premier ministre du Québec, Honoré Mercier, les progrès de l'agriculture et de la colonisation dans le haut-pays de Rimouski. Amoureux de la langue française, son style «contribu[a] le plus à donner sa profondeur historique et géographique à la littérature de promotion de la colonisation [...] Les descriptions qu'il a laissées de cette région compt[èrent] parmi les plus remarquables de son époque et [furent] de réels chefs-d'oeuvre d'observation et d'écriture», affirma le professeur Serge Courville(15).

«[U]ne littérature qui n'est pas utile, qui n'enseigne point, est une littérature perdue(16)», jugeait le «missionnaire». L'engagement d'Arthur Buies, en dépit d'une santé fragile et de la précarité de son travail dans la fonction publique, coulait de source:
[F]idèle [...] à l'idéologie de l'époque, il croyait, comme tous les intellectuels, que la colonisation non seulement arrêterait l'émigration vers les États-Unis, mais consacrerait l'occupation du territoire par les Canadiens français, minimisant ainsi les effets de l'immigration anglo-saxonne au Canada et permettant l'exploitation des vastes richesses naturelles(17).

Donatiens et Donatiennes communient aisément avec le décor planté en ces lignes voici 125 ans:
Le voyageur qui veut pénétrer dans l'arrière-pays du comté de Rimouski, et de là descendre à peu près parallèlement au fleuve, prendra de préférence la route dite de Saint-Anaclet, paroisse de l'intérieur, située entre Rimouski et Sainte-Luce; il suivra cette route, jusqu'à la cinquième concession de Saint-Anaclet,  tournera à gauche et s'engagera dans le chemin Neigette, qui le mènera jusqu'à la paroisse de Saint-Donat, située immédiatement en arrière de la paroisse de Sainte-Luce.
Sur presque tout ce trajet on suit, en s'en écartant de bien peu, la rivière Neigette, qui va se jeter plus loin dans la rivière Métis.
Ici on est entré en plein coeur de la région mamelonnée et onduleuse dont nous venons de parler.
Le pays est si accidenté, tout en bosses et en ravins, qu'on se demande comment l'homme a pu y pénétrer, y faire des chemins et s'y établir. On y voit des maisons, aussi bizarrement situées qu'il est possible de l'imaginer. Parfois il n'y a pas place, sur le même mamelon, pour la maison et ses dépendances; on aperçoit d'abord l'habitation sur une butte, puis la grange dans un ravin plus bas, en sorte que l'on découvre l'une après l'autre.
Cette région est si accidentée que mon conducteur ne peut s'empêcher de jeter ce cri: «La terre danse ici, monsieur, c'est un quadrille de la nature.» Aussi ne faut-il pas s'étonner si les côtes y succèdent aux côtes; tout le temps se passe à gravir et à descendre, et cependant ces côtes sont bien peu de chose en comparaison de celles que l'on trouve plus en arrière, entre les paroisses nouvelles de Sainte-Angèle, de Saint-Gabriel et de Saint-Marcellin.
En arrivant au village de Saint-Donat, les collines s'éloignent quelque peu et l'on entre dans une vallée où l'horizon s'élargit et où l'espace redevient libre. Le village en lui-même n'est pas considérable, mais en revanche les terres sont remarquablement fertiles.
On retrouve là les beaux champs de céréales qu'on se rappelle avoir vus dans les régions favorisées de la province; on remarque des essais d'horticulture, et une égalité d'aisance qui répand comme un parfum de bonne habitation sur tout le parcours du chemin(18).

L'émergence de l'esprit scientifique au XIXe siècle fit ressortir de plus en plus l'écart entre la légende et les faits. Dans sa deuxième Lettre sur le Canada parue en 1864, Buies écrivait: «Une vérité qui n'a pas été étudiée, controversée, soumise à toutes les investigations, n'est pas digne d'être appelée telle». Une vingtaine d'années plus tard, cet idéal de jeunesse résonna encore. Chez lui le voltairien qui pourfend l'obscurantisme n'est jamais loin:
Avant de quitter Saint-Gabriel, jetons un coup d'oeil à notre droite sur le fameux mont Comis [sic], qui a une altitude de deux mille trente six [sic] (2,036) pieds au-dessus du niveau du fleuve et auquel se rattachent de nombreuses traditions, qui mériteraient d'être vérifiées par une étude scientifique approfondie; entre autres, on y avait découvert jadis des ossements de baleine, des coquillages et des squelettes de poissons divers, mais ces ossements n'ayant pu être retrouvés à la suite de quelques tentatives, plus ou moins sérieuses, sont restés à l'état de tradition. Cette tradition, néanmoins, est persistante(19).

Puis, sans transition aucune, nous retrouvons le passionné de géographie et propagandiste du ministère de la Colonisation:
Le mont Comis [sic] est situé entre Saint-Donat et Saint-Gabriel. En le regardant attentivement, on ne tarde pas à découvrir une sorte de dépression dans sa couronne. C'est dans cette dépression que repose, entre des flancs granitiques, un fort beau lac de quinze à vingt arpents de longueur et d'une profondeur inconnue. Est inconnu également le débouché du lac; on suppose qu'il a lieu par quelques crevasses souterraines, et que par là ses eaux s'écoulent dans un deuxième lac que l'on a également constaté à mi-hauteur de la montagne. Le lac supérieur est absolument dépourvu de poisson, tandis que le deuxième en contient abondamment. À la base du mont Comis [sic], du côté sud, on trouve sept autres lacs, que les plus hardis et les plus véridiques des pêcheurs s'accordent à reconnaître comme le merveilleux séjour des meilleures truites qui existent et qui existeront jamais dans notre province (20).

Gilles Sénécal écrivit finalement à propos de ce genre monographique:
On en vient ainsi à doter le Québec d'une sorte de carte mentale des différentes régions de colonisation [...], qui [...] reproduisent une image durable du Québec. Ainsi naît une façon de parler le Québec (21). 

Le miroir de notre condition

«L'homme, messieurs, ne s'improvise pas.(22)» Au lendemain des premières révolutions démocratiques, le XIXe siècle vit s'affirmer une nation plus culturelle. Sous le régime de l'Union et au début de la Confédération, alors que l'industrialisation au sud de la frontière poussait à l'exode un peuple «sans histoire ni littérature (Lord Durham)», on a aiguisé le sentiment d'appartenance et donné corps au pays. Il en va ainsi de notre vieille montagne qui n'était qu'un repère utile aux navigateurs du Saint-Laurent avant le passage de Joseph-Charles Taché et d'Arthur Buies.

Voilà exposé devant nous, hypermodernes, un héritage difficile à actualiser. La mondialisation néolibérale, en plus d'«abolir» les distances, fragilise les solidarités. Le réservoir de traditions s'épuise. Le territoire national ploie sous la logique du système homogénéisant. Saint-Donat-de-Rimouski épouse les traits d'une banlieue-dortoir. Si nous ne prenons garde à ce modèle de l'homo oeconomicus, notre contrée risque de déchoir jusqu'au statut d'un simple point sur Google Maps!

Nous souffrons aujourd'hui de la comparaison avec les belles plumes du siècle des nationalités. La «littérature migrante» enrichit une province, mais comment justifier que nos intellectuels ne sensibilisent un Philippe Couillard au(x) pays du Québec? La «question du Québec» embrasse la tension séculaire entre centralisation et décentralisation(23). L'enjeu dans son ensemble, éminemment politique, attise les passions. Les épithètes fusent de part et d'autre de la fracture idéologique. Les progressistes flairent le repli identitaire des «néo-réacs». Les conservateurs accusent la «bien-pensance» d'une nouvelle peur: l'oikophobie(24). La lecture de Taché et de Buies aide à habiter le monde. Tous deux grands voyageurs, ils rappellent en quelque sorte une évidence: la découverte de l'Autre renvoie à la connaissance de soi et sa propre finitude.

Notes et références:
(1) Premier ministre canadien de 1896 à 1911, il prophétisait le 18 janvier 1904: «Le XIXe siècle a été celui des États-Unis. Je pense que nous pouvons affirmer que c'est le Canada qui envahira le XXe siècle».
(2) Idéologie chartiste qui consiste à dépolitiser les enjeux en les enchâssant. Éric Bédard, «La trudeauisation des esprits», texte en lien avec le séminaire de la Chaire MCD du 19 avril 2011.
(3) Joseph Yvon Thériault, «Préambule. Cosmopolitisme et petites sociétés», dans Jacques L. Boucher et Joseph Yvon Thériault, dir., Petites sociétés et minorités nationales. Enjeux politiques et perspectives comparées, Sainte-Foy, Presses de l'Université du Québec, 2005, p. XIV-XVI de même que «La culturalisation de la nation», dans Joseph Yvon Thériault, Critique de l'américanité. Mémoire et démocratie au Québec, 2e édition, Montréal, Québec Amérique, 2005, p. 324-332.
(4) Ernest Renan, Qu'est-ce qu'une nation?, [s.l.], Mille et une nuits, 1997 (Conférence prononcée en Sorbonne le 11 mars 1882), Coll. «Mille et une nuits», no. 178, p. 31.
(5) Jules Michelet, Le Peuple, 3e édition, Paris, Hachette/Paulin, 1846, p. 164.
(6) Jean-Charles Fortin et Yvan Morin, «La structuration d'une société», dans Jean-Charles Fortin, Antonio Lechasseur et al., Histoire du Bas-Saint-Laurent, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, Coll. «Les régions du Québec», no. 5, 1993, p. 308.
(7) Paul Larocque, «Une région de peuplement (1790-1855)», dans Paul Larocque, dir., Rimouski depuis ses origines, Rimouski, Société d'histoire du Bas-Saint-Laurent et la Société de généalogie et d'archives de Rimouski, en collaboration avec le GRIDEQ, 2006, p. 123.
(8) Henri-Raymond Casgrain (1831-1904), cité par Julien Goyette et Claude La Charité, dir., Joseph-Charles Taché polygraphe, Québec, Les Presses de l'Université Laval, Coll. «Cultures québécoises», 2013, p. 1.
(9) Jean-Guy Nadeau, «Taché, Joseph-Charles», dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 12, Université Laval/University of Toronto, 2003, [En ligne] http://www.biographi.ca/fr/bio/tache_joseph_charles_12F.html (Page consultée le 19 juillet 2014). Voir également Antonio Lechasseur, «Joseph-Charles Taché, député de Rimouski», Revue d'histoire du Bas-Saint-Laurent, vol. 1, no 3, décembre 1974, p. 17-20.
(10) Paul Larocque, «Le Bas-Saint-Laurent, une région au passé mieux connu», Revue d'histoire du Bas-Saint-Laurent, vol. XIX, no. 1, Janvier 1996, p. 3.
(11) Joseph-Charles Taché, Forestiers et Voyageurs. Moeurs et légendes canadiennes, Montréal, Boréal, 2002 [1863], Coll. «Boréal compact», no. 137, p. 81.
(12) Marcel LeBlanc, «Mont Commis ou Mont Camille?», Revue d'histoire du Bas-Saint-Laurent, vol. XIV, no. 2, juin 1991, p. 10.
(13) Jean Servier, L'ethnologie, Paris, Presses universitaires de France, Coll. «Que sais-je?», no 2312, 1986, p.80.
(14) Fernand Dumont, Genèse de la société québécoise, 2e édition, Montréal, Boréal, Coll. «Boréal compact», no 74, 1996, p. 317.
(15) Serge Courville, Immigration, colonisation et propagande. Du rêve américain au rêve colonial, Sainte-Foy, MultiMondes, 2002, p. 606.
(16) Arthur Buies, cité par Francis Parmentier, «Buies, Arthur», Dictionnaire biographique du Canada, vol. 13, Université Laval/University of Toronto, 2003, [En ligne] http://www.biographi.ca/fr/bio/buies_arthur_13F.html (Page consultée le 10 août 2014).
(17) Ibid.
(18) Arthur Buies, Les comtés de Rimouski, de Matane et de Témiscouata: exploration spéciale, [Québec?: s.n], 1890, p. 6-8 (Document disponible en libre accès sur le site Nos Racines au: www.ourroots.ca/f/toc.aspx?id=1903 (Page consultée le 13 juillet 2014).
(19) Ibid., p. 25.
(20) Ibid., p. 25-26.
(21) Gilles Sénécal, «Les monographies des régions de colonisation au Québec (1850-1914): genre et tradition géographiques. École nationale?», Cahiers de géographie du Québec, vol. 36, no. 97, avril 1992, p. 51, cité par Jean-Charles Fortin et Yvan Morin, «La structuration d'une société», dans Jean-Charles Fortin, Antonio Lechasseur et al., Histoire du Bas-Saint-Laurent... op. cit., p. 341.
(22) Ernest Renan, Qu'est-ce qu'une nation?, op. cit., p. 31.
(23) Nathalie Lewis, «Entre centralisation et décentralisation. Une tension loin d'être inédite», Le Mouton NOIR, vol. 20, no 4, mars-avril 2015, Disponible en ligne au http://www.moutonnoir.com/2015/03/une-tension-loin-d (Page consultée le 8 juin 2015).
(24) «Ce néologisme [...] signifie ''haine de la maison natale [oikos en grec], et la volonté de se défaire de tout le mobilier qu'elle a accumulé au cours des siècles'' (Antoine Robitaille, «Bolduc à l'éducation. Ambiance oikophobe», Le Devoir, 15 mai 2014). » «C'est Antoine Robitaille qui a lancé le mot dans le paysage médiatique [québécois] dans un éditorial paru le 15 mai dans Le Devoir. Il cite  le concept utilisé par Alain Finkielkraut dans L'identité malheureuse - concept que lui-même emprunte au philosophe anglais Roger Scruton - pour s'interroger sur la décision de l'ineffable ministre Bolduc d'annuler l'appel d'offres pour la création de chaires de recherche en matière de langue et d'identité au nom des ''vraies affaires'' (Robert Laplante, «Oikophobie et déportation de soi», Les Cahiers de lecture de L'Action nationale, vol. 8, no. 3, été 2014, p. 3).»


dimanche 25 octobre 2015

Justin Trudeau aurait-il déjà légalisé la marijuana?

Photo: Donald Weber/ Getty Images

Quelques événements politiques survenus ces temps derniers firent les délices de la presse à sensation. Ils laissent présager l'action délétère qu'entraînerait un usage récréatif ou thérapeutique plus répandu des drogues sur le tissu social.

Savez-vous que Jean-François Larose, le président de Forces et Démocratie, n'a recueilli que 134 votes (0,24%) dans sa circonscription, La Pointe-de-l'Île? Il a obtenu presque trois fois moins de suffrages que le candidat rhinocéros (364 voix). Pourtant, lui, et seulement lui, s'est versé du «pétrole» sur la tête!

«À ce rythme-là, le candidat n'aura plus aucune chemise le jour du vote.»
Jean-Philippe Daoust, «Un député sortant se verse du ''pétrole'' sur la tête», Le Journal de Montréal, 25 septembre 2015.
Source: Capture d'écran faite par le Journal, cliquez sur le lien ici.
Comment expliquer qu'un parti revendiquant 5000 membres (Le Devoir, 29 avril 2015 et Le Huffington Post Québec, 10 septembre 2015) n'amassa point 300 signatures afin de se tailler une place aux débats nationaux? Le tout incluant bien sûr la griffe du chef autoproclamé, de sa conjointe, de sa famille et de ses propres candidats!

Dans la circonscription d'Avignon-La Mitis-Matane-Matapédia, Jean-François Fortin, «Monsieur politique autrement», s'est payé un sondage poisson d'avril le créditant de 66% des suffrages «19 fois sur 20» (Bryan Breguet, Too Close To Call/ Si la tendance se maintient, 1er avril 2015, cliquez ici). Solutions LogiK Laval est une firme qui se targue d'avoir «prédit à 2% près les résultats dans neuf circonscriptions sur dix lors des élections de 2014 (Roger Boudreau, «Un sondage donne Jean-François Fortin gagnant haut la main», L'Avantage, 31 mars 2015, cliquez ici)». Jeff Fortin a-t-il seulement remporté l'urne de son bureau de scrutin à Sainte-Flavie? Avec 11,6%, Fortin pourra toujours se faire rembourser une partie de ses dépenses électorales... à l'exception notable de son sondage d'avril!

En posant sa candidature dans la circonscription de Chambly-Borduas en 2011,
l'humoriste Jean-François Mercier du «Parti pour la gloire» recueillit plus de suffrages
que Jean-François Fortin sous la bannière de Forces et Démocratie.

Grâce à la magicienne Kédina Fleury-Samson, Saint-Donat-de-Rimouski a voté massivement libéral pour la première fois depuis 1968. La candidate bloquiste fit disparaître les grosses majorités du Bloc en reconnaissant pratiquer une forme de magie qui n'est pas vaudou (99,9 Rouge FM, Amqui, 31 août 2015).

Hallucinant! La mairesse péquiste de Mont-Joli, Danielle Doyer, souhaite que le trudeauiste Rémi Massé devienne ministre (L'Information, 20 octobre 2015). Aurait-on légalisé en sous-main la marie-jeanne thérapeutique chez les souverainistes en fin de vie? Ça sent dans les chaumières le début de la fin ou, du moins, la fin du commencement pour Pascal Bérubé et PKP.

Chanvre cultivé ou cannabis sativa pour le dire savamment en latin comme Bernard Landry.
Source: Wiki-land


Une prime version de ce billet fut publiée sur le site Internet du journal L'Avantage de Rimouski le 24 octobre 2015.

mercredi 21 octobre 2015

Arrivé en quatrième position, le député sortant, Jean-François Fortin, se fait... sortir!

Le vrai sondage, c'est le 19 octobre! :)

JEAN-FRANÇOIS FORTIN, TWITTER, 31 MARS 2015

Source: Élections Canada

Élection du 19 octobre 2015
Avignon - La Mitis - Matane - Matapédia

Position                                                                                                                        Nombre de votes              %
1             Rémi Massé                     Parti libéral du Canada                                14 378                     39,55
2             Kédina Fleury-Samson   Bloc québécois                                                 7 641                    21,02
3             Joël Charest                     Nouveau parti démocratique                      7 340                     20,19
4             Jean-François Fortin       Forces et démocratie                                   4 229                     11,63
5             André Savoie                   Parti conservateur du Canada                   2 228                       6,13
6             Sherri Springle                 Parti vert du Canada                                         365                        1,00
7             Éric Normand                    Parti rhinocéros                                                     175                    0,48
Totaux                                                                                                                                            36 356                100,00
Bulletins rejetés                                                                                                                             416
Votes exercés                                                                                                                              36 772
Nombre d'électeurs                                                                                                               60 890
Taux de participation                                                                                                                                           60,39
Majorité de Rémi Massé                                                            6 737              18,53%

Élection précédente du 2 mai 2011
Haute-Gaspésie -  La Mitis - Matane - Matapédia

Position                                                                                                                     Nombre de votes               %
1           Jean-François Fortin        Bloc québécois                                            12 633                     36,05
2           Nancy Charest                  Parti libéral du Canada                              8 964                     25,58
3           Joanie Boulet                    Nouveau parti démocratique                    7 484                     21,36
4           Allen Cormier                    Parti conservateur du Canada               5 253                     14,99
5           Louis Drainville                 Parti vert du Canada                                      707                       2,02
Totaux                                                                                                                                        35 041                   100,00
Bulletins rejetés                                                                                                                        393
Votes exercés                                                                                                                        35 434
Nombre d'électeurs                                                                                                         59 397
Taux de participation                                                                                                                                          59,66
Majorité de Jean-François Fortin                                        3 669              10,47%

Prochain événement à inscrire à l'agenda: le déclin de Pascal Bérubé aux élections provinciales du 1er octobre 2018.

À lire également au sujet de Jean-François Fortin:

François Charbonneau: «Et si le Bloc québécois devenait un parti pancanadien?» (4 septembre 2015)
Kédina Fleury-Samson nie faire de la magie vaudou (31 août 2015)
Comment Jean-François Fortin, chef autoproclamé de Forces et Démocratie, s'est monté un beau grand bateau en période d'austérité (1er janvier 2015)
Le député bloquiste Jean-François Fortin s'auto-pelure-de-bananise (15 août 2014)
Élection de Mario Beaulieu, changement de ton au Bloc québécois (27 juillet 2014)
À l'Est, rien de nouveau (22 janvier 2013)
Le discours à recentrer du député Jean-François Fortin (18 novembre 2012)


Épilogue
(9 septembre 2016)

Forces et Démocratie sera radié le 30 septembre 2016 pour n'avoir su respecter les exigences de la Loi électorale du Canada (Article 415). Rejeté par les citoyens en octobre 2015 et abandonné par son chef autoproclamé trois mois plus tard, le parti aura reçu jusqu'à la fin une attention médiatique qui dépassait de loin son importance.

En seulement un an d'existence, la formation de Jean-François Fortin avait multiplié les maladresses (ex.: courtiser la députée la plus absentéiste aux Communes et dans sa circonscription, Sana Hassainia), les promesses racoleuses (candidats à Gaspé et à Rimouski, Conseil des régions, etc.), les coups d'éclat (l'épisode où le président du parti se verse du «pétrole» sur la tête) et même un sondage bidon le créditant de 66% d'appuis dans la population.

L'inculture barbare des lyncheurs
«Le goudron et les plumes! (Jean-François Fortin)»
Voici en image le peu de respect que Forces et Démocratie témoignait à ses adversaires.
Source: François Gagnon/Radio-Canada, 23 septembre 2015.

Attention, il n'est pas dit que ce parti en carton-pâte de très mauvais goût soit mort pour de bon! Le plus inquiétant reste toutefois que l'animateur de ce «one man show» enseigne à nouveau la science politique aux jeunes collégiens rimouskois. À suivre...

Nota bene: «La punition du goudron et des plumes est une torture qui remonte au moins à l'époque des Croisades. Le but de ce supplice était à la fois la blessure physique et morale (Wikipédia).»

Logo de Forces et Démocratie

vendredi 4 septembre 2015

François Charbonneau: «Et si le Bloc québécois devenait un parti pancanadien?»

Tout d'abord, la pétition nationale de Forces et Démocratie afin que Jean-François Fortin participe aux débats des chefs gagne en moyenne une signature... tous les deux jours! Il s'agit la plupart du temps de la griffe d'un de ses nouveaux candidats.

Un candidat de Jean-François Fortin émerge du fleuve avec son parapluie!
L'homme déclare à qui veut l'entendre qu'il ira serrer la main, mauvaises odeurs et algues à l'épaule, du Premier ministre dans cet accoutrement si, contre toute attente, il est élu à la Chambre des communes le 19 octobre.
Source: YouTube, septembre 2015






*
* *

La «canadianisation» du Bloc québécois

François Charbonneau, professeur en études politiques à l'Université d'Ottawa et directeur de la revue Argument, eut il y a quelques semaines (début juillet) l'idée qu'il faudrait des candidats du Bloc québécois à la grandeur du Canada. On se demande si le Bloc va survivre au Québec, mais il faudrait songer à y établir des antennes en Saskatchewan! Si ce dernier reconnaît en plus que le Bloc aurait comme candidats pendant de longues années de «curieux personnages(1)», j'estime qu'il porte atteinte à la cause indépendantiste. Comme le disait le personnage de Mémère Bouchard dans Le temps d'une paix: «Fais donc pas simple, cher!». Un mot existe pour de pareils raisonnements: élucubration. Tenez-vous bien, Le Devoir a publié son texte!

Gilles Duceppe déclare sur toutes les tribunes que le Bloc québécois affronte le Bloc canadien (NPD-PLC-PC). Au même moment, le prof Charbonneau projette de canadianiser davantage le Bloc québécois!

Le slogan de cette publicité de 1997, «Le Bloc est là pour toi, parole de Québécois», deviendrait, s'il n'en tenait qu'au prof Charbonneau, «Le Bloc est là pour toi, parole de Canadien»!
Source: YouTube

Forces et Démocratie, puis le Bloc (canadien?) pour la séparation du Québec, avec de semblables micro-partis d'opérette animés de ti-counes, Jeff Fortin et François Charbonneau, la souveraineté du Québec ne peut advenir. J'en suis découragée!

Vivement le 19 octobre!

Remarquez comment François Charbonneau
se heurte au mur de la réalité canadian en arrière-plan.
Photo: Université... d'Ottawa!


Source: (1) François Charbonneau, «Et si le Bloc québécois devenait un parti pancanadien?», Le Devoir, 14 juillet 2015 [En ligne] www.revueargument.ca/article/2015-07-07/640-et-si-le-bloc-quebecois-devenait-un-parti-pancanadien.html (Page consultée le 4 septembre 2015).

lundi 31 août 2015

Kédina Fleury-Samson nie faire de la magie vaudou

Pensée du jour
Si le ridicule ne tue pas, la superstition trouble les plus vulnérables.

*
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J'offre aux lecteurs de ce blogue un moment d'humour. Dans la catégorie «N'ajustez pas votre appareil», ce texte du journaliste David Drapeau se passe de commentaire:

La candidate du Bloc dans Avignon-La Mitis-Matane-Matapédia doit se défendre de pratiquer la magie vaudou.
Kédina Fleury-Samson affirme qu'elle pratique une forme de magie, mais qu'elle n'est pas vaudou.
Sur la page Facebook du Salon entre deux mondes [aussi appelé «Salon de l'Ésotérisme et du Paranormal»] de Rivière-du-Loup en 2014, elle disait offrir des ''cérémonies magiques''.
Mme Fleury-Samson croit que beaucoup de gens la croient vaudou uniquement parce qu'elle est d'origine haïtienne.
Elle jure qu'elle n'a aucune poupée vaudou chez elle, et qu'elle ne pratique aucune incantation contre ses adversaires.

David Drapeau, «Kédina Fleury-Samson nie faire de la magie vaudou», 99,9 Rougefm, Amqui, 31 août 2015, [En ligne] amqui.rougefm.ca/info-amqui/2015/08/31/kedina-fleury-samson-nie-faire-de-la-magie-vaudou (Page consultée le 31 août 2015).


Sources: Page Facebook du «Salon de l'Ésotérisme et du Paranormal Entre 2 Mondes», septembre 2014.
Blogue de pabeaulieu, 28 août 2015.


Source: L'Information, 7 août 2015. 

Quant à son adversaire de Forces et Démocratie, Jean-François Fortin, il met la main... là où il ne faut pas!

Ceci n'est pas un photo-montage.
Source: Rougefm, Amqui, 2 mai 2014.

vendredi 21 août 2015

L'air du temps...

Pensée du jour

Lucien Jerphagnon (universitaire, historien et philosophe français):

«L'air du temps [Pascal Bérubé au centre] s'engouffre évidemment [entre] les esprits [Philippe Couillard et Pierre Karl Péladeau] proportionnellement au vide qu'il y trouve, la culture [politique] constituant le seul filtre efficace

Photo: La Presse canadienne (PC)
Source: Roger Boudreau, «Pascal Bérubé était au bon endroit!», L'Avantage, 19 mai 2015.

Pascal Bérubé et le mystère Matane-Matapédia

Pascal Bérubé
Source: Radio-Canada

Il y aurait le «mystère Québec». Il est écrit dans le ciel que nous aurons droit encore le 27 août prochain à Matane au «mystère Matane-Matapédia». Afin de frapper les esprits et surtout de gravir les échelons de son parti, Pascal Bérubé bombe le torse: «Une avance de 11 300 votes, ça m'autorise à faire des constats». Élucider ce «mystère» avant la grande visite de Pierre Karl Péladeau s'avère une tâche urgente.

Chaque médaille a son revers. Bérubé devrait avoir le triomphe plus modeste. Son homologue fédéral, le bloquiste Jean-Yves Roy, ne perdait aucune de ses élections. Il était pourtant fortement critiqué pour ses absences (cliquez ici et ici,1).

En fait, si Pascal Bérubé recueillit une pluralité de suffrages valides, les électeurs de ce bastion péquiste sont de plus en plus nombreux à se faire tirer l'oreille. La participation à l'«Opération convaincre(2)» - calquée sur le principe de la vente pyramidale où chaque personne décidée à voter Bérubé doit attirer deux ou trois autres électeurs, seuls les premiers arrivés récoltant un mandat populaire - fléchit de 71% en septembre 2012 à 63% en avril 2014.

À titre de comparaison, la sociologue Claire Durand de l'Université de Montréal observe au même scrutin que «les non-francophones se sont mobilisés plus fortement [...] que dans toutes les élections qui ont eu lieu depuis le référendum de 1995. L'augmentation de [leur] participation [...] apparaît [...] surtout due à l'impact du projet de Charte de la laïcité (La Presse, 19 avril 2014(3))».

Le «p'tit gars» de Matane n'affrontait ici que des candidats-poteaux. Or, la moitié des Mont-Joliens et 55% des citoyens de ma localité préférèrent appuyer le premier venu plutôt que le ministre du Tourisme sortant! Au final, seul un électeur inscrit sur trois dans La Mitis a voté pour le «parti unique». En outre, qu'auraient été les péquistes de la circonscription voisine, Rimouski, face à Éric Forest? Que serait parmi nous l'enseignant qui n'a jamais enseigné, Pascal Bérubé, en présence d'une entrepreneure comme Denise Verreault de Les Méchins?

La libérale Nancy Charest venait de décéder. Contrevenant à l'esprit de sa toute nouvelle loi (adoptée le 14 juin 2013) sur les élections à date fixe(4), Pauline Marois précipita le scrutin et monsieur Bérubé en bénéficia. Voilà tout!

Vous aurez compris que les «lauriers» de Pascal Bérubé viennent d'une histoire qui le dépasse. Si vous ne me croyez pas, parachutez-le à Québec, à Gatineau ou à Montréal en 2018!

Une première version de cet article parue dans le quotidien Le Soleil de Québec le 12 août 2015 à la page 25.

Références:
(1) Daniel Ménard, «Le maire de Mont-Joli heureux du départ de Jean-Yves Roy», Télévision de La Mitis, 20 septembre 2010 [En ligne] http://www.tvmitis.ca/politique/2097-le-maire-de-mont-joli-heureux-du-depart-de-jean-yves-roy (Page consultée le 12 mars 2017). «Duceppe rappelle à l'ordre un de ses députés», TVA Nouvelles, 1er septembre 2010 [En ligne]http://www.tvanouvelles.ca/2010/09/01/duceppe-rappelle-a-lordre-un-de-ses-deputes (Page consultée le 12 mars 2017).
(2) Roger Boudreau, «Pascal Bérubé lance ''l'opération convaincre''», L'Avantage, 3 avril 2014 [En ligne] www.lavantage.qc.ca/Actualites/2014-04-03/article-3675353/Pascal-Berube-lance-%26laquo%3B-l%26rsquo%3Boperation-convaincre-%26raquo%3B/1 (Page consultée le 13 août 2015).
(3) Claire Durand, «Le vote, la Charte, nous et les autres», La Presse, 19 avril 2014 [En ligne] http://www.lapresse.ca/debats/votre-opinion/201404/18/01-4758975-le-vote-la-charte-nous-et-les-autres.php (Page consultée le 13 août 2015).
(4) Guy Gendron, «Élections Québec 2014. Quand le PQ promettait des élections à date fixe», ICI Radio-Canada.ca, 4 mars 2014 [En ligne] ici.radio-canada.ca/nouvelles/politique/2014/03/04/010-elections-date-fixe-loi-parti-quebecois-bernard-drainville-verification-faits.shtml (Page consultée le 13 août 2015).

lundi 29 juin 2015

(Réplique à Roméo Bouchard) Les petites municipalités ne sont pas trop petites

 La société communale existe donc chez tous les peuples [...] Mais si la commune existe depuis
qu'il y a des hommes, la liberté communale est chose rare et fragile. [...] Les institutions communales
sont à la liberté ce que les écoles primaires sont à la science; elles la mettent à la portée du peuple;
elle lui en font goûter l'usage paisible et l'habituent à s'en servir. Sans institutions communales une 
nation peut se donner un gouvernement libre, mais elle n'a pas l'esprit de la liberté. [...] La commune
de la Nouvelle-Angleterre [...] compte en général de deux à trois mille habitants; elle n'est donc point
assez étendue pour que tous ses habitants n'aient à peu près les mêmes intérêts, et, d'un autre côté, 
elle est assez peuplée pour qu'on soit toujours sûr de trouver dans son sein les éléments d'une bonne
administration.

ALEXIS DE TOCQUEVILLE (1)


 Roméo Bouchard, essayiste de Saint-Germain-de-Kamouraska, cofondateur et ex-président de l'Union paysanne, nous inspire quand il se demande dans les pages du journal Le Mouton NOIR si les petites municipalités ne seraient pas devenues trop petites(2). «[L]a famille, le rang et la paroisse [constituaient autrefois] l'armature de la sociabilité rurale, celle-ci se manifes[tait] avec un éclat particulier à l'occasion des nombreuses fêtes qui jalon[naient] l'année.(3)» Ce monde apparaît tellement, et définitivement, éloigné du nôtre:
La vie politique, économique et sociale, en région périphérique surtout, est désormais structurée autour des territoires de régions, de MRC et de villes de services. En s'accrochant aveuglément aux structures du passé, on se prive d'une participation à la vie démocratique et on laisse libre cours aux empiètements des pouvoirs de l'État central et des villes centrales(4).
On s'interrogerait aujourd'hui sur la qualité de la délibération publique si les liens du sang intervenaient continuellement(5). La rationalité des modernes est passée par là. Sans doute même un peu trop. «Des institutions comme les Caisses Desjardins et l'Église ont déjà procédé à cette restructuration territoriale en fonction de leurs besoins propres(6)», écrit le décidément très libéral Bouchard. Il faut observer sur le terrain, prendre à témoin, le déchirement d'un maire, le sentiment de perte et de régression d'un comité de citoyens. «La bataille pour conserver coûte que coûte dans chaque village une école, un dépanneur, un bureau de poste, une station d'essence, une caisse, un curé et un conseil municipal n'est désormais plus réaliste ni nécessaire(7)», martèle-t-il. Sceptique, nous sommes. Depuis quand est-ce devenu acceptable, santé et écologique plus que tragique, d'habiter un «désert alimentaire»(8)?

«Feu la ruralité(9)».Il se peut en théorie que Roméo Bouchard ait raison. Il se pourrait même que les conditions objectives se prêtent à un vaste réaménagement territorial. Mais vouloir écrire une histoire du temps présent qui décrypte le changement social exige davantage de prudence et moins de bricolage. La peur domine la réflexion quand nous lisons devoir «sans tarder, avant que ce ne soit imposé d'en haut mur à mur(10)» consentir à l'irréversible. Et si la fusion était une prophétie autoréalisatrice? La plupart des villages du Québec ont encore une garderie, une école, un dépanneur, un bureau de poste, etc. dont l'accessibilité, en contribuant grandement à la qualité de vie des familles, est synonyme d'attractivité.

L'avancement de la modernité provoque un accroissement de réflexivité avec son lot d'utopies. D'après Roméo Bouchard, il suffirait de «redéfinir ensemble» la MRC pour que les petites collectivités «qui n'ont pas leur mot à dire» s'y trouvent «démocratiquement intégrées(11)». Ou encore, le géographe Clermont Dugas qui incite le gouvernement à «faire des villes», comme si cela se commandait(12). «En effet, regardez Rimouski.» Que nenni, monsieur le professeur! Il s'avère que nous connaissons intimement la métropole du Bas-Saint-Laurent et affirmons sans hésiter qu'elle est une ville développée au fil des générations dont les récentes fusions ne marquent qu'un retour à ses frontières du... XIXe siècle!

Certains souhaitent refonder les appartenances sur l'économisme. La formule de l'historien Ernest Labrousse ne date pas d'hier: «Sur l'économique retarde le social et sur le social le mental(13)».Le romancier et essayiste Pascal Bruckner a dénoncé le placement du système économique au-dessus de toute autre activité humaine à droite comme à gauche de l'éventail idéologique(14). Ainsi en est-il de Roméo Bouchard lorsqu'il pense que le «débat sur la ruralité [doit] se situer clairement sur le plan politique et économique(15)». Nous pourrions toujours lui citer le sociologue Fernand Dumont aux États généraux du monde rural en 1991: «La décentralisation est une question de culture et la culture ce n'est pas une question de décor, mais de préalable de la vie en commun(16)». Malheureusement, Bouchard inscrit le clivage en ces termes: «Le village de demain» contre les nostalgiques à la «rhétorique culturelle passéiste(17)».

Balayons ces supputations. D'une part, l'homo oeconomicus ne saurait avoir toujours la préséance. L'argument voulant que les municipalités épousent les espaces fonctionnels du moment participe du même raisonnement qui annonce le dépassement de l'État-nation. Les jeunes en particulier n'auraient que faire de ces vilains archaïsmes. Vraiment? «[S]ouvent la plasticité culturelle extrême est le fait d'une individualité hyper-développée et, en dernière instance, dénouée d'attaches collectives fortes.(18)» Il ne nous semble pas du tout évident que le nomade s'impliquera davantage dans la vie locale en élargissant considérablement ses limites. Le contraire est à craindre avec l'exacerbation du «magasinage identitaire». D'autre part, l'économie traverse des cycles(19). «L'histoire tendant malgré tout à se répéter, on peut présumer que, si elles [les localités marginales] n'existaient pas, on songerait à les constituer.(20)» Le véritable aveuglement consiste peut-être à croire impossible, de définir comme une tradition morte, l'occupation du sol défriché à grand-peine par nos aïeux pendant que nous assisterons sur Terre à la naissance du huit milliardième être humain et au bouleversement du climat. Figurons qu'il serait mal avisé de vider le Haut-Pays quand le niveau de la mer monte! Souvenons-nous des relocalisations après les grandes marées du 6 décembre 2010.

Le mouvement de fusion municipale existe depuis plusieurs décennies et rien n'indique son essoufflement. Les municipalités qui envisagent le regroupement sont éligibles à toutes sortes d'aides et subventions gouvernementales. «La facilité technique recherchée par la réduction du nombre d'interlocuteurs, la mise à l'écart d'un modèle d'administration ''responsabiliste'' et la promotion sociale des secrétaires-trésorier(e)s, n'est qu'un reflet de la même emprise technocratique sur notre société.(21

Le premier cas d'envergure fut celui de la ville de Laval en 1965 avec le résultat que l'on connaît à la Commission Charbonneau... La concurrence disparaissant, les économies d'échelle ne se matérialisèrent point. Les municipalités de 1000 à 3000 résidants avaient les coûts d'administration per capita les plus bas(22). De manière générale, leur dimension humaine rend leurs gestionnaires plus imputables. Quant aux petites municipalités, moins de 1000 habitants, celles restantes sont désormais trop éloignées des villes-centres pour s'y fondre avec bonheur, mais peuvent toujours conclure des ententes entre voisines. Alors, pourquoi cet acharnement contre elles?

Voilà qui est affaire de pouvoir. La critique de cette modeste administration - ironie du sort, déjà au plus près du citoyen - cache bien mal un projet politique révolutionnaire. La volonté de son auteur est de mettre entre parenthèses durant deux ans tous les grands enjeux du Québec, le temps de «reformater» l'esprit démocratique en convoquant une assemblée constituante et instrumentaliser d'éventuelles super-municipalités afin de prendre en tenailles l'État québécois à «gros sabots(23)».

Pareille figure de style doit être mise en contexte. Roméo Bouchard est la principale tête d'affiche, l'homme à barbe dirons- nous, de la Coalition pour la constituante. Dépouiller le gouvernement québécois heurterait l'opinion. Il faut donc le présenter comme exagérément centralisé en mobilisant au passage la mémoire de la Révolution tranquille(24). Or, le Québec n'est pas la France jacobine. Il y a des Montréalais «plateaucentriques», mais dans l'ensemble le Québec forme une petite nation, un «village gaulois», à la périphérie de l'Amérique. Alors que Roméo Bouchard passe sous silence le régime, l'emprise du Canada de 1982 sur la «province», l'individualisme démocratique, figure abstraite et procédurale, risque de l'emporter à l'Assemblée nationale...

«Saignez-le!, saignez-le!», scandent presque ces populistes(25). Prenons garde à ce que «le remède ne tue le patient», observe le sociologue Joseph Yvon Thériault(26). Ce que Bouchard nomme «autogestion» abouti à un rejet des médiations, déplorent Thériault père et fille:

Nous voulons être notre propre maître, en d'autres mots, nous avons le désir d'un monde «immédiatement humain», loin de toute représentation, de toute délégation de «pouvoir». Dorénavant, toute réalité extérieure à nous est perçue comme une contrainte(27).

Le gouvernement des juges fixe les droits de chacun, là s'arrête le lien social. Une sensibilité plus «conservatrice» - pardonnez ce gros mot qui a, hélas, juste la taille qu'il faut - inquiète de la dissolution du monde commun et respectueuse de l'immense complexité du social, voudrait qu'au lieu d'approfondir la crise des institutions représentatives nous réinvestissions l'espace public existant. Le «sacre» contemporain de la mobilité reste emblématique d'un évitement, puisque la maîtrise de la grammaire politique d'un lieu exige une «immersion», de la transcendance. Penseur libéral et partisan de la décentralisation, Tocqueville prenait en considération les dimensions communautaire, culturelle ou historique de la citoyenneté: «les affections des hommes ne se portent en général que là où il y a de la force. On ne voit pas l'amour de la patrie régner longtemps dans un pays conquis(28)».

La pensée moderne regorge de splendides visions de régénération sociale qui, privées de garde-fous, aboutirent au cauchemar. L'homme nouveau et vertueux de Robespierre est désincarné. Sa civilisation s'oppose à la culture. Il faut parfois s'en remettre à la «raison cumulative» - sédimentation de décisions, produit de la sagesse du temps historique - inatteignable par la simple raison juridique, plaidait le philosophe Edmund Burke. En attendant le meilleur des mondes, le Grand Soir de la table rase, le cadre actuel, hérité de l'expérience, rencontre «le plébiscite du quotidien». La majorité de la population demeure fermement attachée à ses «préjugés(29)». Dépité, Bouchard en convient: «Dans la perception populaire, le maintien du conseil municipal et la survie d'un village sont indissociables(30)».

Le philosophe Alain Finkielkraut rappela en 2013, dans son essai L'identité malheureuse, ces mots de Péguy: «Il faut toujours dire ce que l'on voit. Surtout il faut toujours, ce qui est le plus difficile, voir ce que l'on voit(31)». Une tentation autoritaire subsiste. Roméo Bouchard attribue l'«échec» du Parti québécois au nationalisme ethnique(32). Il souhaite la transformation des populations locales par l'afflux de nouveaux arrivants «plus interculturels(33)». En effet, puisqu'il n'a de cesse de décevoir les esprits avancés, tout dévoués à l'objectif illimité de le rendre heureux, «ne serait-il pas plus simple, comme l'écrivait en boutade Bertolt Brecht, de dissoudre le peuple et d'en élire un autre?(34

Ancien prêtre, Roméo Bouchard devrait pourtant savoir qu'un peuple qui se diversifie, s'émancipe, a besoin plus que jamais d'un principe spirituel, d'un espace public intégrateur auquel participe l'histoire. Il appert sous la plume d'Ernest Renan qu'une grande solidarité se constitue «par le sentiment des sacrifices qu'on a faits et de ceux qu'on est disposé à faire encore(35)».

Roméo Bouchard à l'émission de Pénélope McQuade le 8 août 2013.
Source: ICIRadio-Canada.ca


Notes et références

(1) Alexis de Tocqueville, De la démocratie en Amérique, Tome 1, Préface d'André Jardin, [s.l.], Gallimard, 1993, Coll. «Folio/Histoire», no 12, p. 111-114.
(2) Roméo Bouchard, «Les petites municipalités sont-elles trop petites?», Le Mouton NOIR, vol. XVI, no 5, Rimouski, mai-juin 2011, p. 6. Disponible en ligne au: http://www.moutonnoir.com/2011/05/les-petites-municipalites-sont-elles-trop-petites/ (Page consultée le 31 octobre 2013).
(3) Paul-André Linteau et al., Histoire du Québec contemporain. De la Confédération à la crise (1867-1929), Tome 1, Montréal, Boréal, 1989, Coll. «Boréal compact», no 14, p. 208.
(4) Roméo Bouchard, «Les petites municipalités...»... op. cit.
(5) Le Conseil des Mohawks de Kahnawake a expulsé les «Blancs» de la réserve en février 2010. Comme il fallait s'y attendre, la nouvelle défraya la chronique au Québec et à l'étranger.
(6) Roméo Bouchard, «Les petites municipalités...»... op. cit.
(7) Ibid.
(8) «Lorsqu'on demeure en milieu rural, vivre dans un désert alimentaire signifie habiter à plus de 16 kilomètres d'un commerce d'alimentation. [...] Reconnaissant cette problématique, le ministère de la Santé a souhaité établir un portrait de cette réalité pour toutes les régions du Québec. Résultat, on apprend qu'un Québécois sur vingt vit actuellement dans un désert alimentaire. Cette proportion explose dans les régions de la province où la population est dispersée sur d'immenses territoires.» (Gaspésie: 36%, Abitibi: 19,3%, Côte-Nord: 19%, Bas-Saint-Laurent: 18,4%) Gilles Turmel, «Déserts alimentaires: une problématique inquiétante», TVA Est du Québec, 7 novembre 2013, [En ligne], http://tva.canoe.ca/stations/cfer/nouvelle/20131107.html (Page consultée le 8 novembre 2013).
(9) Roméo Bouchard, «Feu la ruralité», Le Mouton NOIR, Cahier spécial, novembre-décembre 2010, non paginé.
(10) Roméo Bouchard, «Les petites municipalités...»... op. cit.
(11) Ibid.
(12) Clermont Dugas ci té par Réginald Harvey, «Le monde rural d'aujourd'hui - Il importe de savoir d'abord où commence la ruralité au Québec», Le Devoir, 11 mai 2011 [En ligne] http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/323009/le-monde-rural-d-aujourd-hui-il-importe-de-savoir-d-abord-ou-commence-la-ruralite-au-quebec (Page consultée le 31 octobre 2013).
(13) Hervé Martin avec la collaboration de Guy Bourdé, «L'histoire nouvelle, héritière de l'école des ''Annales''», dans Guy Bourdé et Hervé Martin en collaboration avec Pascal Balmand, Les écoles historiques, [s.l.], Seuil, Coll. «Points Histoire», no H67, 1997 [1re édition: 1983], p. 262.
(14) Pascal Bruckner, Misère de la prospérité. La religion marchande et ses ennemis, Paris, Grasset, 2002, 242 p.
(15) Roméo Bouchard, «Déboulonner les mythes», Relations, no 727, septembre 2008. Disponible en ligne au: http://www.cjf.qc.ca/fr/relations/article.php?ida=1424 (Page consultée le 5 novembre 2013).
(16) Solidarité rurale du Québec, Pour une décentralisation démocratique, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 2006, p. 211.
(17) Roméo Bouchard, «Déboulonner les mythes»... op. cit.
(18) Victor Armony, «Le Québec expliqué aux immigrants», MCD-Bulletin de la chaire de recherche du Canada en mondialisation, citoyenneté et démocratie, no 9, automne 2007, p. 7.
(19) Le géographe Majella Simard nous parle de ces revirements inattendus dans «La situation démographique de l'Est-du-Québec: un bilan aux trajectoires contrastées», L'Action nationale, vol. 92, no 4, avril 2007, p. 21-26.
(20) Clermont Dugas, L'espace rural canadien, Sainte-Foy, Presses de l'Université du Québec, 1996, p. 164.
(21) Gary Caldwell, «Nos petites municipalités», Encyclopédie de L'Agora, [En ligne], http://agora.qc.ca/documents/municipalite--nos_petites_municipalites_par_gary_caldwell(Page consultée le 23 octobre 2013).
(22) Ibid.
(23) Roméo Bouchard, «Les petites municipalités...»... op. cit.
(24) Roméo Bouchard, «Déboulonner les mythes»... op. cit.
(25) «Pour certains, la décentralisation est vue comme un projet permettant aux citoyens de s'affranchir de la dictature de l'État central. Elle emprunte alors à l'esprit des mouvements de libération.» Robert Fournier, «Décentralisation», Encyclopédie de L'Agora, [En ligne], http://agora.qc.ca/Dossiers/Decentralisation (Page consultée le 5 novembre 2013).
(26) Joseph Yvon Thériault, «Politique et démocratie - Quand le remède pourrait tuer le patient», Le Devoir, 10 décembre 2011. Disponible en ligne au: http://www.ledevoir.com/politique/quebec/338070/politique-et-democratie-quand-le-remede-pourrait-tuer-le-patient (Page consultée le 5 novembre 2013).
(27) Annie-Claude Thériault et Joseph Yvon Thériault, «De la désaffiliation ou du rejet des médiations», Philo & Cie, no 6 (septembre-décembre 2013), p. 29.
(28) Alexis de Tocqueville, De la démocratie... op. cit., p. 121.
(29) À prendre au sens littéraire de «pré-jugé», c'est-à-dire avant le droit.
(30) Roméo Bouchard, «Les petites municipalités...»... op.cit.
(31) Alain Finkielkraut, L'identité malheureuse, Paris, Stock, 2013, p. 186.
(32) Roméo Bouchard, «Reconquérir notre territoire», Relations, no 740, mai 2010. Disponible en ligne au: http://www.cjf.qc.ca/fr/relations/article.php?ida=576 (Page consultée le 17 février 2014).
(33) Roméo Bouchard, «Déboulonner les mythes»... op. cit.
(34) Bertolt Brecht, «La solution», Poèmes, Tome 7 (1948-1956), Traduit par Maurice Regnault, L'Arche, 2000.
(35) Ernest Renan, Qu'est-ce qu'une nation?, [s.l.], Mille et une nuits, 1997 (Conférence prononcée en Sorbonne le 11 mars 1882), Coll. «Mille et une nuits», no 178, p. 32.